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Regards croisés : La fonction achat au sein des établissements : quelles évolutions ?

La fonction achat au sein des établissements

La fonction achat au sein des établissements : quelles évolutions ?

La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 vient bouleverser l’autonomie de gestion qui caractérisait les établissements publics de santé. La mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) implique le transfert de certaines fonctions au service d’un projet médical partagé. C’est le cas de la fonction achat.

Evolution ou révolution ? Le point de vue croisé de Véronique Bertrand, responsable du département des achats biomédicaux aux Hospices Civils de Lyon (HCL) et Christophe Bouriat, directeur du centre hospitalier de Bigorre et du GHT Lourdes-Bigorre.

La réforme de 2016 sur les Groupements Hospitaliers de Territoire instaure une plus grande mutualisation des moyens et ressources. Est-ce un fait nouveau pour vous ?


Véronique Bertrand : Au sein des achats aux HCL, la mutualisation est engagée depuis 6 ans, avec la création d’une direction des achats qui dispose d’une vraie délégation de signature pour toute la fonction achat. Cela a professionnalisé la fonction achats : les acheteurs se consacrent à l’analyse du marché, des offres, du modèle économique et sollicitent les experts sur leur cœur de métier.

Christophe Bouriat : La mutualisation des moyens et des ressources n’est pas totalement nouvelle. Nous la pratiquions déjà à travers les groupements d’achats pouvant recouvrir des périmètres bien au-delà des établissements d’un GHT.
 

La création des GHT amorcent une transformation en profondeur, avec des conséquences en termes de management ou de responsabilité.

Est-ce que cette mutualisation a amené une tension plus vive sur les prix ?

V. B. : Elle a surtout amené un gain d’efficacité dans nos manières de travailler. Sur les appels d’offre par exemple, nos équipes se concentrent davantage sur la préparation amont.

La relation fournisseur change, pour aller vers une plus grande proximité, une relation plus collaborative et des offres sur-mesure.

C.B. : Je suis tout à fait d’accord pour dire que la mutualisation de nos pratiques d’achats n’a eu que des bénéfices - rationalisation, meilleure organisation et maitrise des coûts - sans avoir d’impact négatif sur la qualité des soins.


Comment ces évolutions sont-elles préparées dans vos organisations ?

V. B. : Nous avons bénéficié d’une formation pour acquérir les outils et techniques les plus avancées sur le métier d’acheteur, avec à la clé une véritable évolution culturelle.

Sur le terrain, cela a nécessité une vraie conduite du changement pour mettre en œuvre le binôme acheteur/expert.

Même si avons encore du chemin à faire, les équipes reconnaissent les bénéfices et la valeur ajoutée de ce travail.

C.B. : Le personnel de santé est favorable à cette « montée en charge » de la fonction achats : cela leur permet de se concentrer sur leur expertise. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment d’une culture de santé publique commune. Il est important que la formation initiale des cadres de la fonction achat se fasse toujours par le biais de l’Ecole des hautes études de santé publique.

Comment se passe la mise en œuvre des GHT Rhône et Lourdes-Bigorre ? Cette réforme va-t-elle dans le bon sens ?

V. B. : Le GHT Rhône est atypique. Il concerne 3 petits établissements publics et un plus important : les Hospices Civils de Lyon. Tout l’enjeu sera de faire profiter les 3 établissements « partie » de l’expertise des HCL en conservant leur réactivité et leur flexibilité.

Une approche territoriale de l’offre de soins est bonne si elle a pour but de dégager des complémentarités au bénéfice du patient, loin d’une seule logique de concurrence et de compétition.

C.B. : Au GHT des Hautes-Pyrénées, qui comporte 5 établissements de taille moyenne, nous sommes au début de la démarche. Le responsable des achats du GHT aura une délégation de signature et devra assurer la fonction achat du territoire.

Il faut à la fois garder de la fluidité et permettre un suivi précis de cette fonction achat à l’échelle du GHT.

Je partage l’ambition de la réforme qui vise à mutualiser pour mieux soigner ainsi qu’à s’organiser pour défendre une offre de soins publique.

Mieux connaître les GHT


Innovation phare de la loi de modernisation du système de santé, le GHT assure un égal accès à des soins sécurisés et de qualité pour les patients grâce à des stratégies de groupe associant tous les acteurs.

Qui est concerné ? Tous les acteurs des établissements publics de santé dont l’adhésion est obligatoire.

Combien ? 135 Groupements Hospitaliers de Territoire ont été créés en juillet 2016

Comment ? L’établissement support du GHT devient le seul opérateur local de l’achat hospitalier.

Quand ? La mise en œuvre du GHT pour la fonction achat doit être opérationnelle au 1er janvier 2018.
 

Sham se réorganise au plus près des GHT


Pour répondre aux besoins des GHT, Sham a fait évoluer son organisation début 2017. Bruno Curtis, responsable commercial grands comptes explique : « tout client représentant un GHT rencontre un binôme formé d’un responsable commercial Sham et d’un inspecteur commercial régional. Sachant que nous sommes en lien systématiquement avec un acheteur et un expert métier. Cela nous permet de caler notre organisation au plus près des nouvelles entités territoriales formées par les GHT, pour plus de proximité et de services ».

Une approche qui permet également à Sham d’être force de conseil dans un environnement changeant.
 

 

Article Extrait du numéro 13 de Sham Repères

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